Long Courrier

Vrac d'idées et souverain mépris

Category: En passant

À quand la drachme ?

Je ne publie pas encore aussi vite que je le voudrais, mais le boulot pour l’université commence à s’entasser et les examens arrivent. Accessoirement, la semaine dernière, c’était festival.

Quoi qu’il en soit, il se passe, comme toujours, de drôles de choses dans notre système solaire. Ainsi le site du journal Le Monde, après s’être plaint par le biais des déconneurs que le nouveau gouvernement lave trop blanc, s’est vu hier doter d’un bon article ! Il s’agit des minutes du dernier Eurogroupe où il était notamment question de la dette grecque. Franchement je serais grec, je serais plus que froissé.

L’article est assez court aussi je vous conseille de le lire, c’est édifiant.

 

 

Petits mensonges économiques 1 – Europe 1 et le “patriotisme économique” de M. Macron

On tombe parfois sur des perles dans les médias. Aujourd’hui Europe 1 essaye de nous faire croire que Macron :

  • Veut faire du patriotisme économique
  • Est critiqué pour ça par Bruxelles

Je vous rassure tout de suite, la première info est un enfumage. Ce que le journaliste ici appelle protectionnisme économique est la fameuse proposition du “Buy European Act”. Une loi à l’échelle Européenne qui imposerait que 50% de la production résultant des appels d’offres des marchés publics ait lieu en Union Européenne. L’UE n’est pas la France, ce n’est donc pas la peine de parler de patriotisme économique. Surtout que du simple fait que l’Euro est surévalué par rapport à la structure de l’économie Française, il y a peu de chance que la France profite vraiment de cette loi.

Mais bon, ça sent un peu le protectionnisme, “buy European” c’est un peu discriminant, alors les journalistes s’encanaillent, “ho ho, mais dites-donc, ce ne serait pas un peu, comment, hmmm, populiste mon cher Axel ?”, “Oui, effectivement, j’en ai des frissons tout partout, c’est tellement hétérodoxe !”

Et d’expliquer que cela existe déjà en Chine (1,4 milliard d’habitants), aux États-Unis (320 millions), et j’ajoute, parce que je connais : en Corée du Sud (50 millions) et au Japon (120 millions), et dans la plupart des pays développés sous diverses formes. Retenez, c’est important.

On enchaîne en disant que les économies du nord, qui n’aiment l’UE qu’à condition de profiter d’un Euro pour eux sous-évalué, veulent pouvoir continuer à payer leurs sous-traitants à bas prix et donc s’opposent à ce projet.

Suit une question qui montre à quel point la presse, soit ne sait pas ce qu’elle dit, soit nous prend définitivement pour des cons. Fautes d’orthographe d’origine :

“Certes, le protectionnisme à l’echelle national est illusoire. Mais, au niveau Européen, ça peut se comprendre ?”

De quoi parle-t-on deux paragraphes plus haut ? Ne vient-on pas de dire que Chine, USA et, d’accord c’est moi qui l’ajoute, mais ce n’en est pas moins vrai, Corée et Japon pratiquaient le protectionnisme sous forme de patriotisme économique ? J’ai donné le nombre d’habitants dans chaque cas, c’est bien pour montrer que ce n’est pas une question de taille ! Ceux qui sont encore coincés sur le mythe de “La France toute seule n’est rien, c’est pour ça qu’il nous faut l’Europe” ont sérieusement besoin de cours de rattrapage en géopolitique. C’est au contraire bien à l’échelle nationale que le protectionnisme a le plus de sens, surtout dans un contexte Européen où les économies sont fortement divergentes.

Il y a des manières bêtes et des manières intelligentes de protéger  des secteurs de son économie. Chaque pays a des cartes différentes en main, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles une politique commune européenne en matière économique est un non-sens. Une élite économique incompétente peut ruiner les meilleurs atouts. C’est malheureusement ce qu’il se passe en France en ce moment, et ce qui va très certainement continuer.

Cet art Français que certains n’ont jamais vu

Sur l’impulsion d’une amie japonaise, en visite en Corée, nous sommes allés au musée d’art moderne et contemporain de Seoul. Dans la partie du musée située dans les jardins du palace Deoksugung, proche de la mairie, sont accueillies des expositions non-permanentes. D’avril à juillet, cette année, il s’agit du surréalisme égyptien.

Dès la première salle, des mots et des images sautent aux yeux. Titres de tableaux en français, peintures au style très familier, revues et livres de maisons d’édition parisiennes…

Nombre des artistes ayant appartenu à cette mouvance ont effectivement fait leurs classes en Europe, et plus particulièrement en France. C’est là qu’ils ont non-seulement trouvé une source majeure d’inspiration dans les cercles surréalistes en train de se constituer mais, également, soutiens et relais, notamment auprès d’André Breton, pour leur propre mouvement. Réaction à la montée du fascisme et du nazisme en Europe, le surréalisme égyptien, tout particulièrement grâce au groupe Art et liberté, saura apporter son soutien à ses modèles en affirmant le droit d’existence de “l’art dégénéré”. Il sera également l’un des outils de “libération” de l’art égyptien de la mainmise du “classicisme occidental” sur la scène artistique égyptienne et participera à l’éclosion de nouvelles formes d’art proprement égyptiennes.

Mon amie, constatant l’omniprésence du français dans cette exposition, se mit à me poser question sur question. Bien embarrassé de ne pouvoir, parfois, lui donner de réponse, je me suis tout de même fait la réflexion que ce n’était pas la première fois, ce jour là, que je croisais un peu de mon pays. Rien que sur les deux cents mètres qui séparent la mairie de l’arrêt de bus où j’étais descendu pour la rejoindre, j’avais croisé un “café Grévin” emplis de répliques des célèbres statues de cires qu’il est possible d’admirer à Paris dans le musée éponyme.

Récemment, notre probable futur président nous a sorti : “Moi, l’art français, je ne l’ai jamais vu”. L’insinuation dans cette petite phrase de M. Macron ne résiste pas à cinq minutes de marche dans cette si lointaine capitale d’Asie.

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