Sur l’impulsion d’une amie japonaise, en visite en Corée, nous sommes allés au musée d’art moderne et contemporain de Seoul. Dans la partie du musée située dans les jardins du palace Deoksugung, proche de la mairie, sont accueillies des expositions non-permanentes. D’avril à juillet, cette année, il s’agit du surréalisme égyptien.

Dès la première salle, des mots et des images sautent aux yeux. Titres de tableaux en français, peintures au style très familier, revues et livres de maisons d’édition parisiennes…

Nombre des artistes ayant appartenu à cette mouvance ont effectivement fait leurs classes en Europe, et plus particulièrement en France. C’est là qu’ils ont non-seulement trouvé une source majeure d’inspiration dans les cercles surréalistes en train de se constituer mais, également, soutiens et relais, notamment auprès d’André Breton, pour leur propre mouvement. Réaction à la montée du fascisme et du nazisme en Europe, le surréalisme égyptien, tout particulièrement grâce au groupe Art et liberté, saura apporter son soutien à ses modèles en affirmant le droit d’existence de “l’art dégénéré”. Il sera également l’un des outils de “libération” de l’art égyptien de la mainmise du “classicisme occidental” sur la scène artistique égyptienne et participera à l’éclosion de nouvelles formes d’art proprement égyptiennes.

Mon amie, constatant l’omniprésence du français dans cette exposition, se mit à me poser question sur question. Bien embarrassé de ne pouvoir, parfois, lui donner de réponse, je me suis tout de même fait la réflexion que ce n’était pas la première fois, ce jour là, que je croisais un peu de mon pays. Rien que sur les deux cents mètres qui séparent la mairie de l’arrêt de bus où j’étais descendu pour la rejoindre, j’avais croisé un “café Grévin” emplis de répliques des célèbres statues de cires qu’il est possible d’admirer à Paris dans le musée éponyme.

Récemment, notre probable futur président nous a sorti : “Moi, l’art français, je ne l’ai jamais vu”. L’insinuation dans cette petite phrase de M. Macron ne résiste pas à cinq minutes de marche dans cette si lointaine capitale d’Asie.